Les Princesses de l’Air
Épisode 1 : Adrienne Bolland

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Introduction : Une injustice à réparer
On parle encore et toujours de Jean Mermoz,
on cite avec émotion Antoine de Saint-Exupéry,
on admire le courage de Henri Guillaumet…
Et l’on a raison.
Mais il existe une injustice silencieuse : celle d’avoir trop souvent laissé dans l’ombre des femmes extraordinaires. Des pionnières. Des combattantes. Des héroïnes du ciel.
Elles n’étaient pas des figurantes de l’aviation naissante. Elles en furent des actrices majeures. Elles ont volé dans des machines fragiles, affronté le froid, le vent, la peur… et parfois le mépris.
Je veux aujourd’hui commencer une série de publications consacrée à ces femmes valeureuses et courageuses — ces princesses de l’air — d’Adrienne Bolland jusqu’à Caroline Aigle, première femme pilote de chasse de l’Armée de l’Air française.
Car leur histoire mérite d’être racontée. Avec respect. Avec admiration. Avec fierté.
Adrienne Bolland : l’audace à l’état pur
Née en 1895, Adrienne Bolland n’était pas destinée à entrer dans l’histoire. Rien ne la prédestinait à dompter le ciel. Et pourtant…
Elle obtient son brevet de pilote en 1920. À une époque où l’aviation est encore un pari dangereux, où chaque vol est une aventure, où l’on navigue à vue, sans radio, sans instruments fiables.
Mais Adrienne Bolland ne cherche pas la facilité.
L’exploit des Andes – 1er avril 1921
Le 1er avril 1921, elle accomplit ce que beaucoup d’hommes redoutent : traverser la cordillère des Andes.
Seule.
Sans oxygène.
Sans carte précise.
À bord d’un simple Caudron G.3, frêle appareil de bois et de toile.


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Elle décolle de Mendoza, en Argentine, direction Santiago du Chili. Devant elle : des sommets culminant à plus de 6 000 mètres. Son avion peine à monter. Le froid est mordant. Les courants sont traîtres.
Elle atteindra environ 4 500 mètres d’altitude.
Pendant plus de quatre heures, elle lutte contre la montagne.
Et elle passe.
Elle devient la première femme à franchir les Andes par les airs. Un exploit mondial. Un exploit immense. Un exploit trop peu raconté.
Une femme libre dans un monde d’hommes
Adrienne Bolland n’était pas seulement une pilote courageuse.
Elle était indépendante, engagée, déterminée.
Elle multiplia les démonstrations aériennes, battit des records (212 loopings consécutifs !), et s’imposa par son talent.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage dans la Résistance. Le courage ne l’avait jamais quittée.
Elle reçut la Légion d’honneur. Mais la reconnaissance publique resta discrète comparée à celle de ses homologues masculins.
Pourquoi se souvenir ?
Parce que l’histoire de l’aviation n’est pas uniquement une histoire d’hommes.
Elle est faite de femmes qui ont osé.
Oser décoller.
Oser affronter les montagnes.
Oser prouver qu’elles étaient à leur place dans le cockpit.
Adrienne Bolland n’était pas une exception. Elle était une pionnière parmi d’autres pionnières.
Et si l’on parle encore des héros de l’Aéropostale, il est temps de redonner leur lumière à celles qui ont, elles aussi, écrit l’histoire dans le vent et les nuages.
Une série pour leur rendre hommage
Cette publication est la première d’une série consacrée aux grandes aviatrices françaises — des pionnières des années 1920 jusqu’à Caroline Aigle, symbole moderne de l’excellence et du courage féminin dans l’aviation militaire.
Elles ne demandaient pas d’être appelées princesses.
Mais elles régnaient sur le ciel.
Et il est temps que nous le rappelions.
Pascal/F0DMG
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