Épisode 2 : Maryse Bastié


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Après Adrienne Bolland et son audace face aux Andes, il est naturel de poursuivre notre série avec une autre figure immense de l’aviation française : Maryse Bastié.
Si Adrienne incarnait le panache et l’audace instinctive, Maryse Bastié symbolise la ténacité, le travail, et la conquête patiente des records.
Une enfance modeste, un destin extraordinaire
Née en 1898 à Limoges dans un milieu modeste, rien ne prédestinait Maryse Bastié à devenir une légende du ciel. La vie ne lui épargne rien : mariée jeune, veuve très tôt, elle doit élever seule son fils.
Mais elle découvre l’aviation… et tout bascule.
Elle apprend à piloter avec une détermination farouche. Elle n’a ni fortune ni appuis puissants. Seulement une volonté inébranlable.
Et cela suffit.
La femme des records
Dans les années 1930, Maryse Bastié enchaîne les performances :
- Record international féminin de durée en 1928
- Record de distance en 1930
- Traversée de l’Atlantique Sud en 1936
Elle pilote notamment un Caudron Simoun, appareil rapide et exigeant.
À une époque où chaque vol longue distance est une aventure périlleuse, elle affronte seule les éléments, le froid, les pannes possibles, l’immensité des océans.
Son vol transatlantique entre Dakar et Natal marque les esprits : elle devient l’une des grandes figures mondiales de l’aviation.
Elle n’est plus seulement une aviatrice française.
Elle est une référence internationale.
Une pionnière respectée
Maryse Bastié n’était pas seulement une recordwoman.
Elle militait activement pour le développement de l’aviation féminine. Elle s’engageait pour que les femmes aient accès à la formation aéronautique au même titre que les hommes.
Elle prouvait par l’exemple.
Calme, méthodique, rigoureuse, elle inspirait confiance. Là où certains voyaient une « curiosité féminine », elle imposait le respect par la compétence.
Elle fut décorée de la Légion d’honneur et reçue comme une héroïne nationale.
Et pourtant… combien aujourd’hui connaissent réellement son parcours ?
Le courage jusqu’au bout
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle sert son pays. Après-guerre, elle poursuit son engagement pour l’aviation.
Elle disparaît tragiquement en 1952 dans un accident d’avion lors d’un meeting à Lyon.
Elle meurt comme elle a vécu : en vol.
Pourquoi Maryse Bastié compte
Parce qu’elle incarne une autre forme de courage.
Moins spectaculaire peut-être qu’un passage des Andes.
Mais tout aussi admirable.
Le courage de persévérer.
Le courage d’apprendre.
Le courage de s’imposer dans un univers masculin par le travail et l’excellence.
Maryse Bastié a ouvert des portes.
Elle a montré qu’une femme pouvait viser les records mondiaux.
Elle a donné une légitimité durable aux aviatrices françaises.
Nos Princesses de l’Air
Adrienne Bolland, Maryse Bastié…
Deux tempéraments différents.
Deux parcours singuliers.
Un même amour du ciel.
Ces femmes ne demandaient pas la lumière.
Elles voulaient simplement voler.
Mais aujourd’hui, il nous appartient de la leur rendre.
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