04/04/2025
Paradis des radioamateurs

Parfois, on me dit que je ne devrais pas être aussi nostalgique, que je devrais moins m’attacher aux souvenirs du passé. Pourtant, comment ne pas penser à ceux qui ont tant compté pour nous ? C’est vrai, je consacre de nombreuses pages de mon site au souvenir des copains radioamateurs qui nous ont quittés. Ce n’est ni par tristesse ni par mélancolie, mais par respect, par reconnaissance. Le temps passe si vite… et peu à peu, il se peuple d’ombres. Des ombres bienveillantes, celles de ceux qui ont façonné notre passion, qui nous ont transmis leur savoir, leur enthousiasme, et cette envie irrésistible de tendre l’oreille vers l’inconnu.

J’ai tellement appris d’eux. Chacun, à sa manière, a laissé une trace indélébile : des conseils techniques, une aide précieuse pour la préparation d’une licence, des heures à bricoler ensemble sur un poste récalcitrant, des discussions sans fin en fréquence, des fous rires partagés après un concours éprouvant… Et puis, surtout, cette fraternité unique qui nous liait. Comment les oublier ? Comment occulter ces souvenirs qui font partie de ce que nous sommes aujourd’hui ?

La liste de ceux qui ne sont plus là s’allonge au fil des années. C’est une réalité que nous devons accepter, mais pas une fatalité. Tant que nous parlerons d’eux, tant que nous perpétuerons leur esprit, ils ne disparaîtront jamais vraiment. Une citation d’Antoine de Saint-Exupéry a pris une importance particulière pour moi :

« Il n’y a rien qui lèse l’arbre quand meurt le jardinier, mais si l’on coupe l’arbre, alors, le jardinier meurt deux fois. »

Je pense que nous sommes tous les arbres de nos copains qui nous ont accompagnés dans cette quête d’excellence qu’est le radioamateurisme. Ils ont défriché des chemins que nous continuons d’emprunter, ils ont semé des graines que nous avons le devoir de faire germer. Ils sont toujours là, dans chaque antenne que nous dressons, dans chaque contact que nous établissons, dans chaque jeune passionné à qui nous transmettons ce qu’ils nous ont enseigné.

Un jour, nous aussi nous disparaîtrons. Mais si, au fil des ans, nous avons planté des arbres, si nous avons partagé, aidé, transmis, alors il restera quelque chose de nous. Et avec nous, il restera aussi un peu d’eux. Parce qu’une passion comme la nôtre ne meurt jamais vraiment tant qu’il y aura des voix sur les ondes pour la faire vivre.


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