26/02/2026
image

Et si l’on arrêtait de raconter une histoire qui n’est pas la nôtre ?


Mon enfance et la découverte d’une autre histoire

À mon enfance et tout au long de mon parcours scolaire, j’avais une véritable appétence pour l’histoire de France. Les dates, les rois, les événements « fondateurs »… tout semblait clair et ordonné.

Puis, dans ma vie, j’ai rejoint le centre de recherche archéologique européen de Bibracte.

Ce fut un véritable choc.

Les Gaulois que l’on me décrivait — tribus rustres et guerrières — n’existaient pas. Les faits archéologiques racontaient autre chose.


Bibracte : quand les Gaulois deviennent des civilisés

https://images.ctfassets.net/i01duvb6kq77/tL0KQhrFF0ZJOslEAh5cI/448538a1ebb05e95689c6f91d0f4f272/media1_85443.jpg?f=face&fit=fill&fm=webp&h=630&q=40&w=1200
https://www.burgundy-tourism.com/uploads/external/48b45b62861b997155935b63b02948ea-Bibracte2-2-1600x900.jpg
https://www.worldhistory.org/uploads/images/13556.jpg

4

À Bibracte, j’ai découvert :

  • Travail du fer et de l’acier, fonderie à cire perdue.
  • Tissage complexe et poterie raffinée.
  • Fibules et bijoux finement travaillés.
  • Habitats équipés de serrures et de systèmes ingénieux d’adduction d’eau avec des amphores romaines recyclées.

Ces sociétés savaient observer, adapter, innover.
Elles n’étaient pas primitives. Elles étaient civilisées, organisées, intégrées à des réseaux commerciaux européens.


Samain et Halloween : la mémoire recouverte

https://cdn.shopify.com/s/files/1/2789/4462/files/samhain_blog_halloween_25e002fa-20ee-4c61-b652-c47cd2160484_grande.jpg?v=1539822974
https://static.independent.co.uk/2022/04/11/11/GettyImages-508886974%20copy.jpg
https://minutemedia-ressh.cloudinary.com/image/upload/v1645724277/shape/cover/sport/87234-gettyimages-536508777-7f008841de6476861ff8641266436030.jpg

4

La fête de Samain, ancêtre d’Halloween (Allowenn), marquait le passage à la saison sombre, le lien avec les ancêtres et la protection communautaire.

Samhain était à l’origine une fête de protection, de mémoire des morts et de passage vers l’hiver, profondément liée aux cycles naturels et aux croyances celtiques sur l’âme et l’au-delà.

Lorsque le christianisme s’impose, il ne détruit pas Samain, mais crée une substitution liturgique :

  • Sous le pape Grégoire III (731-741), Rome consacre une chapelle dédiée à tous les saints.
  • Sous Grégoire IV (827-844), la Toussaint est fixée au 1er novembre, recouvrant Samain.

C’est un exemple précis de stratégie historique : ne pas supprimer, mais encadrer et transformer les traditions locales.

Et quand les migrants irlandais et écossais emportent cette fête en Amérique au XIXe siècle, elle y évolue, se folklorise, mais ses racines restent européennes et celtiques.

Dire qu’Halloween est étrangère à notre culture est factuellement faux.


Clovis et le mythe d’une France chrétienne

Le baptême de Clovis Ier vers 496 est présenté comme fondateur. Mais il survient après plusieurs siècles de civilisation celte et gallo-romaine.

Réduire l’histoire de la France à cet événement est une simplification idéologique, pas un fait historique.

Pendant longtemps, l’Église détenait l’écriture et l’enseignement. Le pouvoir politique légiférait ; le pouvoir spirituel façonnait les consciences. Cette alliance a influencé notre perception de l’histoire.


Conclusion tranchante : les faits contre les slogans

Les faits sont têtus :

  • Samain/Halloween est une fête celtique pré-chrétienne.
  • La Toussaint (VIIIe siècle) a été créée pour recouvrir cette tradition.
  • Le baptême de Clovis (496) ne fonde pas la France.
  • Halloween a traversé l’Atlantique avec les migrants irlandais au XIXe siècle ; elle n’a pas été inventée aux États-Unis.

Réduire la France à des « racines judéo-chrétiennes » est une simplification idéologique, pas une réalité historique.

La France est stratifiée : celtes, gallo-romains, franques, chrétienne, humaniste, celle des lumières, républicaine. Effacer Samain ou les pratiques celtiques pour conforter un récit religieux dominant n’a pas supprimé la mémoire ancienne : elle l’a recouverte.

L’histoire ne se plie pas aux slogans. Elle repose sur les faits.
Et les faits sont clairs : la France n’est pas née dans un baptistère. Elle est le produit d’une longue sédimentation culturelle où chaque couche mérite d’être reconnue.

Pascal


En savoir plus sur LVP71

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *