18/01/2026
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Pour nous, radioamateurs, le terrain de jeu, ce sont les ondes.
La HF bien sûr, mais aussi la VHF, l’UHF… et parfois même un peu plus haut encore. Et pourtant…

Et pourtant, la plupart d’entre nous ne sont pas insensibles à une autre fréquence, beaucoup plus basse celle-là : la BF, l’audio. Car derrière la passion de la radio se cache souvent celle du son, du beau son, et de la musique. Nous pouvons être des mélomanes exigeants, attentifs aux timbres, aux nuances, à la qualité d’une restitution sonore.

J’ai commencé ma vie à la toute fin des années 50. J’ai donc grandi avec les années 60, les années “Yéyé” : Elvis Presley, les Platters, Johnny Hallyday, les Chaussettes Noires…
Puis sont venues les années 70 : le disco, le hard rock, Scorpions, Status Quo, Black Sabbath, sans oublier des univers plus planants comme Pink Floyd.
Les années 80 ont ensuite apporté une diversité incroyable de créations musicales : il y en avait pour tous les goûts.

Des émotions fortes : appuyez sur play et ressentez l’intensité.

Et pourtant, c’est précisément à cette période-là qu’est né, chez moi, un goût inattendu pour la musique classique, et plus particulièrement pour le baroque.

Cet engouement n’est pas né de nulle part.
Un jour, invité chez un ami médecin, le docteur Bernard Lamy, la conversation a naturellement dérivé vers la musique et nos goûts respectifs. Bernard me fit écouter du jazz, puis enchaîna avec Vivaldi. Je dois l’avouer : sur le moment, je n’étais que peu emballé.

Quelques semaines plus tard, Bernard m’offrit deux disques 33 tours (oui… des 33tours, je confirme, je suis un dinosaure).
Le premier était Night Train d’Oscar Peterson.
Le second, une interprétation des Quatre Saisons de Vivaldi.

Et là, cette fois, la magie a opéré.

Très vite, je me suis intéressé à l’œuvre de Vivaldi, puis plus largement à la musique baroque. C’est ainsi que la “grande musique” est entrée dans ma discothèque, aux côtés de Pink Floyd, Black Sabbath, Queen et bien d’autres.

Je vais donc commencer cette série par Vivaldi.


Antonio Vivaldi : le baroque qui groove

Laissez-vous emporter par Vivaldi : démarrez simplement le lecteur intégré à cette page et profitez de la magie des Quatre Saisons.

Antonio Vivaldi, ce n’est pas une musique poussiéreuse réservée aux salles feutrées et aux amateurs en costume sombre.
Vivaldi, c’est du rythme, de l’énergie, de la couleur, presque du rock avant l’heure.

Né à Venise en 1678, il arrive dans une ville déjà unique en son genre : des canaux au lieu des rues, des théâtres, des musiciens partout. Venise est alors l’un des grands centres culturels d’Europe, un véritable carrefour musical. Autant dire que Vivaldi naît au bon endroit, au bon moment.

Plongez dans l’univers des Quatre Saisons : laissez les notes vous transporter et le temps s’arrêter.

Son père, Giovanni Battista, est violoniste à la basilique Saint-Marc. C’est lui qui initie très tôt Antonio au violon. Le jeune garçon montre rapidement des dispositions exceptionnelles, malgré une santé fragile. Il souffre toute sa vie d’un mal respiratoire chronique, probablement de l’asthme, qui l’empêchera parfois d’assurer ses fonctions religieuses.

Car Vivaldi est prêtre. Ordonné à 25 ans, il ne tardera pourtant pas à se consacrer presque exclusivement à la musique. Ses cheveux roux flamboyants lui valent le surnom de “Il Prete Rosso”, le prêtre roux. Un prêtre atypique, passionné, parfois excessif, entièrement habité par la création musicale.

Fermez les yeux, laissez la musique vous raconter le printemps, l’été, l’automne et l’hiver.

Vivaldi est décrit par ses contemporains comme un homme au tempérament vif, entier, parfois difficile, mais doté d’une créativité hors norme. Il compose vite, beaucoup, parfois dans l’urgence, comme si la musique lui venait en flot continu. Pour lui, la musique n’est pas un simple art : c’est une nécessité vitale.

Il passera une grande partie de sa vie à l’Ospedale della Pietà, un établissement accueillant des jeunes filles orphelines ou abandonnées. Là, il enseigne, dirige un orchestre exclusivement féminin et compose pour ses élèves des œuvres souvent d’une virtuosité impressionnante. Les concerts donnés attirent toute l’aristocratie européenne, fascinée par cette musique pleine de contrastes, jouée derrière les grilles de l’église.

Vivaldi vous attend… cliquez, écoutez et laissez la magie opérer.

Mais la gloire est parfois capricieuse. Si Vivaldi connaît un immense succès de son vivant, les goûts musicaux évoluent. À la fin de sa vie, son style passe de mode. Il quitte l’Italie pour Vienne, espérant y trouver une reconnaissance durable. Il y meurt en 1741, presque oublié, dans une relative pauvreté.

Ironie de l’histoire : il faudra près de deux siècles pour que son œuvre soit redécouverte et reconnue à sa juste valeur. Aujourd’hui, Vivaldi est l’un des compositeurs les plus joués et les plus enregistrés au monde.

Comme quoi, même une musique longtemps restée en veille peut, un jour, retrouver une fréquence parfaitement accordée.

F0DMG Pascal


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