17/02/2026
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Il y a plusieurs mois, dans ces pages, je vous avais parlé de Madame Yvonne Millot.
Son engagement discret, son courage silencieux, son histoire de jeune femme plongée dans la tourmente de la guerre m’avaient profondément marqué.

Aujourd’hui, l’émotion est immense.

Madame Yvonne Millot, qui a fêté ses 100 ans le 12 novembre dernier, a été décorée de la Légion d’honneur le 6 février dernier.

« Depuis longtemps, je n’avais pas ressenti une véritable fierté pour mon pays. Bien au contraire. »

Mais cette reconnaissance — tardive, oui, mais juste — répare une injustice et permet à la Nation de retrouver son honneur.


Une reconnaissance tardive, mais méritée

Combien de chanteurs, d’acteurs, de sportifs, d’hommes d’affaires ou de grands patrons reçoivent la Légion d’honneur ?
Certains la méritent, bien sûr. Mais d’autres… parfois, elle semble tomber comme un simple remerciement pour un petit coup de main ou un renvoi d’ascenseur politique.

Madame Millot, elle, la mérite pleinement.

Pour avoir dit non quand il fallait dire non.
Pour avoir risqué sa vie quand d’autres tremblaient derrière le silence.
Pour avoir résisté, malgré la peur, la faim et la violence des temps.

Quatre-vingts ans après ces faits, c’est long. Terriblement long.
Mais enfin, l’honneur de la Nation est rétabli.

Cette décoration ne célèbre pas seulement une vie exceptionnelle : elle rend justice à toutes celles et ceux dont le courage avait été trop longtemps ignoré.
Et le devoir de mémoire est enfin respecté.


Une histoire familiale marquée au fer rouge

Cette médaille est aussi le fruit d’un immense travail de mémoire mené par ses deux fils.

Un travail long.
Un travail courageux.
Un travail douloureux.

En retraçant l’histoire familiale et les parcours de leurs parents, ils ont fait surgir les ombres de leurs grands-parents, de leurs tantes, de leurs cousins, lâchement assassinés dans les camps nazis.

Chaque document consulté, chaque récit partagé rouvrait une blessure.
Chaque nom retrouvé ramenait des larmes.

L’histoire des deux Soeurs Ginette et Yvonne

Après avoir raconté son histoire et celle de sa famille à ses enfants, à leur demande, Madame Millot leur a confié ces mots bouleversants :

« Vous m’avez fait pleurer tous les jours. »

Ces mots sont devenus le titre du livre mémoriel écrit par les deux frères, relatant l’épopée héroïque de leur mère — et de leur père, lui aussi résistant, déporté, revenu des terribles marches de la mort.

Derrière cette médaille, il y a des larmes, des silences, des cicatrices invisibles… mais aussi la fierté d’avoir transmis une mémoire vivante à ceux qui restent.


Cent ans et une leçon pour nous tous

Le 12 novembre dernier, elle soufflait ses cent bougies.
Cent ans d’une vie marquée par l’engagement, la dignité et la modestie.

À l’heure où les derniers témoins disparaissent, cette décoration dépasse la personne d’Yvonne Millot.
Elle ne célèbre pas seulement une vie de courage : elle rétablit l’honneur de la Nation, qui avait tardé à reconnaître ses héroïnes et héros silencieux.
Elle rappelle que la liberté a un prix, et que des jeunes gens de vingt ans ont risqué leur avenir pour que nous ayons le nôtre.

Pour la première fois depuis longtemps, j’ai ressenti de la fierté pour mon pays.
Parce que cette fois, il ne s’agissait ni de célébrité, ni d’influence, ni de puissance.

Il s’agissait de courage.
De fidélité.
De justice.


Merci Madame Millot.
Votre courage est un exemple.
Votre abnégation et votre modestie le sont tout autant.

Vous êtes une grande dame.

Pascal / F0DMG

Le JSL Génelard. (extrait)

« Je n’ai fait que mon devoir » : résistante centenaire, Yvonne Millot enfin décorée de la Légion d’honneur

Il aura fallu plus de 80 ans. Plus de huit décennies d’un silence digne, d’une modestie inébranlable et d’une patience presque douloureuse, pour que la Nation rende enfin à Yvonne Millot, née Lion, l’hommage qu’elle lui devait.

Vendredi 6 février, à l’Ehpad de Quetigny où elle réside, l’ancienne Génelardaise, centenaire depuis le 12 novembre dernier, a été faite chevalier de la Légion d’honneur. Une décoration tardive, mais profondément juste.


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