15/12/2025
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Un front stabilisé, mais un enjeu majeur

En ce 11 novembre, je veux me souvenir des milliers de jeunes hommes qui, il y a plus d’un siècle, ont répondu à l’appel de la France et se sont engagés dans les combats de la Première Guerre mondiale. Parmi eux, des jeunes soldats venus du département de l’Ain, animés par un profond patriotisme et un amour sincère pour notre pays, allaient écrire une page héroïque de notre histoire.

Du 8 au 13 janvier 1915, dans le secteur de Crouy, près de Soissons, se joua une bataille décisive. Le front, après la « course à la mer », s’était stabilisé, mais les forces françaises cherchaient encore à reprendre l’initiative face aux armées allemandes. La colline de Crouy, surplombant la vallée de l’Aisne, représentait un point stratégique majeur : qui la contrôlerait pourrait empêcher l’ennemi d’avancer et protéger le secteur.

Des conditions de combat extrêmes

Le 44ᵉ régiment d’infanterie, et son 2e Bataillon composé pour beaucoup de jeunes hommes du département de l’Ain, fut envoyé en première ligne pour défendre cette position. Les conditions étaient terribles : froid glacial, neige, boue et tirs d’artillerie incessants. Chaque instant sur cette colline était un combat pour survivre.

Malgré l’intensité du feu ennemi et les pertes terribles, ces soldats tinrent bon, déterminés à défendre la France et à protéger leurs camarades.

Courage et héroïsme jusqu’à la dernière cartouche

Les attaques allemandes se succédèrent, et peu à peu, le régiment fut décimé. Mais jamais l’ennemi ne parvint à reprendre la colline. Chaque soldat fit preuve d’un courage extraordinaire, défendant sa position jusqu’à la dernière cartouche. Leur héroïsme et leur sens du devoir permirent de stabiliser le front et de protéger les forces françaises dans le secteur.

Je me souviens de ces jeunes hommes courageux, de leur bravoure et de leur patriotisme. Ils ont donné leur vie si jeunes, sans jamais pouvoir profiter des beautés simples de la vie, ni voir leurs rêves se réaliser.

Mon grand-oncle, l’un de ces héros

Parmi eux, un des héros de cette bataille n’était autre que mon grand-oncle : Joseph Marie Eugène Guillemoz, né en 1893, du 44ᵉ régiment d’infanterie, 2ᵉ Baitaillon, mort pour la France le 13 janvier 1915 à Crouy, à seulement 22 ans.

Une mémoire retrouvée

Pendant longtemps, personne ne savait exactement ce qu’était devenu mon grand-oncle sur le monument de Treffort‑Cuisiat. Une erreur d’orthographe et l’inversion de son prénom avaient fait disparaître son nom parmi les autres. Grâce à Monsieur Dimarino, président du Souvenir Français de l’Ain, qui a mené des recherches approfondies, l’erreur a été retrouvée et tout a été regravé correctement sur le monument, grâce au financement du Souvenir Français.

Avant cela, nul ne savait vraiment ce qu’il était devenu. Mais, grâce à l’ouverture des archives à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, mes recherches ont permis de retracer les derniers jours de Joseph Marie Eugène Guillemoz, et de comprendre le courage et le sacrifice dont il a fait preuve jusqu’au bout.

Aujourd’hui, son nom est enfin correctement inscrit sur le monument, et son souvenir, ainsi que celui de ses camarades, peut être honoré avec la dignité qu’ils méritent. Son courage reste pour moi un exemple éternel de dévouement et d’héroïsme, et un rappel de l’importance de la mémoire et du respect envers ceux qui se sont sacrifiés pour la France.

L’ennemi contre-attaque sans relâche avec des effectifs sans cesse renouvelés.

Le 3e bataillon est engagé vers le soir pour couvrir la droite du régiment un instant menacée. Mais, dans la nuit, ordre est donné d’occuper une ligne de repli et de repasser l’Aisne.

Le 2e bataillon, qui se trouve en flèche, ne peut se dégager. Pendant près de quinze heures, complétement cerné, il lutte désespérément, et cet îlot de résistance qui exaspère l’ennemi se resserre progressivement au fur et à mesure que les défenseurs tombent et que les munitions s’épuisent. Quand les Allemands en viennent à bout, il ne reste qu’une poignée d’hommes exténués, blessés pour la plupart.

Nos morts sont nombreux, mais l’ennemi a des pertes plus sévères encore et l’avance tentée sur Soissons est définitivement enrayée.


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